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Les signes de répétition : barres, crochets et D.C. / D.S.

Quand la partition dit reviens en arrière : les raccourcis qui organisent la forme musicale

La partition ne se lit pas toujours de gauche à droite

L'une des découvertes les plus surprenantes pour ceux qui commencent à lire la musique est qu'une partition ne se lit pas toujours dans l'ordre linéaire. Il y a des moments où la musique dit reviens, saute, répète cette section. Et ces instructions sont écrites avec un système de signes qui, une fois appris, simplifie considérablement la vie de l'interprète.

Sans les signes de répétition, un morceau avec une structure A-B-A devrait être écrit trois fois en entier. Avec eux, il suffit d'écrire A une fois, B une fois, et d'ajouter l'instruction de revenir au début. Le résultat est plus lisible, plus compact et plus facile à mémoriser.

Pour le guitariste qui apprend à lire les partitions, maîtriser ces signes est essentiel. Un morceau qui paraît court peut avoir une durée double ou triple si l'on tient compte des répétitions. Ignorer un signe de répétition n'est pas une erreur mineure : cela change toute la structure de la musique.

Les barres de répétition

Le signe le plus courant est la barre de répétition. Elle se compose d'une double barre verticale — une fine et une épaisse — avec deux points du côté intérieur. La barre de début de répétition a les points à droite et signifie la section à répéter commence ici. Si cette barre d'ouverture n'apparaît pas, la répétition est comprise à partir du début du morceau.

La barre de fin de répétition a les points à gauche et signifie la section répétée se termine ici ; reviens au début de répétition et joue cette section une fois de plus. En y arrivant, l'interprète revient en arrière jusqu'à la barre de début et rejoue tout ce qui se trouve entre les deux. La deuxième fois qu'il arrive à la barre de fin, il continue vers l'avant.

Dans la guitare populaire — pop, rock, folk — les barres de répétition sont omniprésentes. Presque toutes les structures couplet-refrain sont notées avec des répétitions. Dans le répertoire classique, elles apparaissent notamment dans les formes binaires (A-A-B-B) comme celles que l'on trouve chez Sor, Giuliani et Carcassi.

Les crochets de première et deuxième fois

Parfois, une section se répète presque à l'identique mais avec une fin différente. Pour cela, il existe le système des crochets de répétition, aussi appelés première fois et deuxième fois. Visuellement, ce sont des crochets numérotés placés au-dessus de la portée.

Le crochet 1 est joué la première fois ; à la fin, on revient au début de la répétition. Le crochet 2 est ignoré la première fois : au second passage, on saute le crochet 1 et on joue directement le crochet 2. Cela permet d'écrire seulement les fins différentes sans dupliquer les mesures communes.

Dans la guitare classique, les crochets sont très fréquents dans les pièces de Sor, où le premier et le second volta articulent de subtiles variations dans la cadence finale de chaque section.

Da Capo : revenir au début

Da Capo (de l'italien, depuis la tête) est l'instruction de revenir au début absolu du morceau. Il s'abrège D.C. et apparaît à la fin d'une section ou du morceau. La forme la plus courante est Da Capo al Fine : reviens au début et joue jusqu'à ce que le mot Fine (fin en italien) apparaisse.

Fine est écrit au-dessus de la mesure où la musique doit s'arrêter, qui n'est normalement pas la dernière mesure écrite mais une mesure antérieure. Un menuet avec trio, par exemple, s'écrit généralement ainsi : Menuet — Trio — D.C. al Fine. L'interprète joue le Menuet, puis le Trio, puis revient au début et rejoue le Menuet, s'arrêtant à Fine.

Dal Segno : revenir au signe

Dal Segno (de l'italien, depuis le signe) fonctionne comme le Da Capo mais au lieu de revenir au début absolu, il revient à un point marqué par le symbole du segno. Il s'abrège D.S. La forme la plus courante est Dal Segno al Fine : reviens au signe et joue jusqu'à Fine.

Il existe aussi Dal Segno al Coda : reviens au signe, joue jusqu'à ce que tu trouves le symbole de Coda, puis saute directement à la section de Coda. La Coda est une section finale ajoutée, comme un épilogue. Dans le répertoire pop et jazz, la structure D.S. al Coda est extraordinairement fréquente.

L'ordre de lecture et la forme musicale

Quand une partition combine plusieurs signes, l'ordre de navigation peut sembler complexe au début. La clé est de la lire comme une carte, pas comme un texte linéaire. Avant de jouer, les interprètes expérimentés parcourent mentalement la structure complète : ils identifient les barres de répétition, les crochets, le segno, le Fine et la Coda.

Les signes de répétition ne sont pas seulement une convention typographique : ils sont une façon de penser la musique. Un morceau avec une structure A-A-B-A n'est pas quatre sections distinctes ; ce sont deux sections, dont l'une se répète avec des variations. Les signes rendent cette architecture visible.

Dans le prochain post, nous étudierons le système de chiffrage américain des accords, la notation qui permet d'écrire l'harmonie d'un morceau avec une seule lettre — A, Bb, C#m7 — et qui est la lingua franca du jazz, de la pop et du rock moderne.

La répétition est le fondement de la mémoire musicale. Sans elle, il n'y a pas de forme ; sans forme, il n'y a pas de musique, seulement du son. — Arnold Schoenberg